mercredi 12 décembre 2007

1 : Le canal par où tout passe



Vu que ce que je veux raconter n'est pas descriptible, autant adopter ta technique de schyzo, pour pouvoir parler de moi comme d'un ami, et de toi comme un objet d'étude. Mais moi je suis dedans et j'y arriverai pas, à dire « tu » pour moi et « elle » pour toi. La distance me manque. Je n'ai pas ton élégance distanciée.

Du coup, je me concentre sur ma mémoire des formes, et je démèle le fil d'ariane de traces ravageuses et bouleversantes, le condensé de cette chose qui en moi s'étend, s'épand, s'épanche et se tend.
Elle me regarde. Tu me regardes de ce regard qui est un palais d'amour, une vraie invitation à se perdre pour toujours et pour tout dire, un délice inoui. Elle me regarde et je sens sa tiédeur contre mon flanc, là où nous sommes tous les deux, assis sur ce banc, sur ce siège de voiture, près de ce feu de bois. Tu sais...
je prends ta tête dans mes mains et me fixe dans l'axe du palais d'amour. Autour, le décor s'enroule sur lui même, sur des rouleaux géants. il s'éclipse puisqu'on ne voit plus rien d'autres que nous deux, nos lèvres qui déjà tremblent, s'attendent, s'effleurent. Tu as les lèvres si bien faites, si découpées que j'en sens l'arrête molle, la double courbe si nette, sous ma lèvre. On ne sembrasse pas, on se tête, on se pourlèche, nos lèvres s'aspirent et se relachent, se savourent et s'explorent, au point de rendre les langues timides, de les faire hésiter quand elles s'avancent pour l'abandon total. Cette étreinte de bouche est si forte tu sais, qu'il faut du temps à nos corps pour la suivre. Pendant peut-être une minute entière, nos mains tiennent nos têtes, et nos bouches assujetties est le canal par où tout passe. Je te sens qui entre dans moi, et moi aussi j'espère que tu me sens, car je t'entre dedans, tu vois, et de ma langue qui s'enroule à la tienne sourd le désir de tout mon être.

« Lets take a lovers vow
And then seal it with a kiss »


Je ne sais pas qui ensuite, de ma main ou de ton bassin, qui de ton sein ou de mon pubis, ou peut-être ta cuisse. Mais ce qui suit est une mollesse s'appuyant sur une dureté, une tension contre un happement, un effondrement sur une érection. Nos corps entiers, venant à l'unisson de ce baiser, s'épousent. Au large, une houle se lève, promesse de tempête d'été.

En général,à ce moment là, l'émotion prend le dessus pour un moment. Mais ça c'est le passé, et sinon, c'est une ellipse.
Donc je plaque mes mains sur tes fesses. Je les empoigne à pleines mains et...
(A suivre...)

2 commentaires:

  1. ROMEO
    If I profane with my unworthiest hand
    This holy shrine, the gentle fine is this:
    My lips, two blushing pilgrims, ready stand
    To smooth that rough touch with a tender kiss.

    JULIET

    Good pilgrim, you do wrong your hand too much,
    Which mannerly devotion shows in this;
    For saints have hands that pilgrims' hands do touch,
    And palm to palm is holy palmers' kiss.

    ROMEO

    Have not saints lips, and holy palmers too?

    JULIET

    Ay, pilgrim, lips that they must use in prayer.

    ROMEO

    O, then, dear saint, let lips do what hands do;
    They pray, grant thou, lest faith turn to despair.

    JULIET

    Saints do not move, though grant for prayers' sake.

    ROMEO

    Then move not, while my prayer's effect I take.
    Thus from my lips, by yours, my sin is purged.

    JULIET

    Then have my lips the sin that they have took.

    ROMEO

    Sin from thy lips? O trespass sweetly urged!
    Give me my sin again.

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  2. Notre affaire là , Loulou, c'est pas une petite affaire
    C'est pas une histoire de star-crossed lovers
    C'est pas Roméo et Juliette parce que nous, nous sommes bien plus futés qu'eux.

    together.
    we are stronger.

    together.
    we are who we are .

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